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Les négociations entre Israël et l'Arabie Saoudite peuvent-elles reprendre ?

La dynamique de rapprochement entre Israël et l'Arabie Saoudite, longtemps présentée comme une avancée significative dans la géopolitique du Moyen-Orient, se trouve stoppée nette par le conflit Israélo-Palestinien, en dépit des volontés américaines et de la menace iranienne.

Le contexte historique

Il y a quelques mois, l'annonce par le prince héritier Mohammed ben Salmane de la progression vers la normalisation des relations avec Israël avait suscité l'attention internationale. Les pourparlers initiés par les États-Unis, d'abord par le président Trump puis par son successeur Joe Biden, avaient déjà conduit à la reconnaissance d'Israël par plusieurs nations arabes dans le cadre des accords d'Abraham.

Une volte-face surprenante

Toutefois, les représailles Israéliennes en réponse aux actes terroristes du Hamas, ont abouti à la suspension de toutes négociations entre l’Arabie Saoudite et Israël. Mohammed ben Salmane a montré un soutien accru aux Palestiniens depuis le début des tensions à Gaza. Malgré les demandes du secrétaire d'État américain, Antony Blinken, Riyad a refusé de condamner les actions du Hamas, et MBS s'est entretenu pour la première fois avec le président iranien Ebrahim Raissi.

Les intérêts derrière la normalisation

Riyad avait des demandes spécifiques à l'égard des États-Unis, en échange d'une normalisation avec Israël. Ces demandes portaient sur un renforcement de la sécurité pour se prémunir des attaques iraniennes ainsi que sur certaines garanties en termes de meilleures conditions de vie pour les Palestiniens. Toutefois, ces exigences, malgré leur caractère minimaliste, ont été accueillies avec réticence par une majorité de Saoudiens.

L'opinion publique saoudienne s'est méfiée des avancées vers une normalisation, et les récentes images des bombardements à Gaza ont amplifié ce scepticisme. Riyad a donc préféré prendre les devants, notamment en raison des rumeurs concernant le transfert potentiel de Palestiniens de Gaza vers l'Égypte.

Quelle suite pour les négociations ?

L'analyste saoudien Hesham Alghannam déclare que Riyad était enclin à saluer une normalisation si les États-Unis pouvaient garantir qu’un accord entre Israéliens et Palestiniens était possible. Cependant, il ajoute qu'Israël n'était pas véritablement disposé à répondre aux demandes minimales des Palestiniens.

Le futur des relations entre Israël et l'Arabie Saoudite est actuellement incertain. Alors que les intérêts stratégiques et sécuritaires pourraient plaider en faveur d'un rapprochement, les enjeux liés à l'opinion publique, aux Palestiniens et à l'influence régionale de l'Iran rendent la situation complexe. Seul le temps nous dira si les deux nations peuvent surmonter ces obstacles et reprendre un jour les pourparlers.

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