
Hommage aux victimes de l'attaque terroriste du 7 Octobre 2023: le témoignage poignant d'un Garde Républicain
En tant que garde républicain, Jean-Eric occupe un rôle central dans les cérémonies officielles. Lors de la récente cérémonie d'hommage aux victimes françaises de l'attaque terroriste qui s’est déroulée le 7 février, il a eu l'honneur et la lourde responsabilité de porter l'un des 42 portraits des victimes, un geste symbolique fort dans le deuil national.
Les propos ci-dessous, attribué à Jean-Éric, auraient été recueillis par Lucille Andriamanana et massivement repartagés, tant ils touchent notre humanité.
« Difficile de mettre des mots sur un torrent de sentiments aussi puissants. Je ne me souviens pas avoir été autant ému lors d’une cérémonie. La solennité de l’évènement, l’intimidante atmosphère dans un lieu aussi mythique, le silence écrasant précédant notre arrivée aux roulements du tambour, le discours poignant du Président, la sonnerie aux morts, la Marseillaise entonnée par les chœurs de l’armée française, la marche funèbre de Chopin… Mais c’est en dehors des caméras que presque tous, nous nous sommes laissés aller, submergés par l’émotion, lorsque les familles sont venues nous voir, embrasser le portrait que nous portions, nous invitant ainsi à leur deuil, à leur inconsolable chagrin et leur incommensurable tristesse, et nous donnant la sensation, à chacun et l’espace de quelques minutes, de faire partie de leur famille, d’être au centre de leurs attentions, comme si nous représentions, pour l’instant, cet être disparu. J’ai vu des parents, prendre dans leur bras le Garde qui portait le portrait de leur fils, comme si celui-ci en était une sorte de réincarnation.
S’accrocher, faire face au chagrin, rester digne, à notre place… Et puis ce fut mon tour. Devant moi, le père, la mère et le frère de Dolev Amouyal, mort dans sa 21e année dont je portais le portrait, se sont figés devant moi, pour s’effondrer dans un sanglot sans fin. La maman a déposé un baiser sur le portrait, le papa, le visage déformé par sa souffrance, m’a remercié (de quoi?…). Le petit frère, en retrait, me paraissait assommé par l’évènement, incapable de réagir, incapable de bouger, comme dans une expérience extra-corporelle. J’ai cherché des mots, vainement; mais je n’avais rien à dire, et je ne pouvais pas me permettre de desserrer la mâchoire, au risque de pleurer moi aussi, ce que je me suis efforcé de m’interdire jusqu’au bout… mais en vain, là encore... Je salue ces disparus, ces familles meurtries, la dignité dont elles ont fait preuve durant toute cette cérémonie. Mais surtout… Je salue Israël dans son juste combat, pour la civilisation, contre la barbarie. Ce matin, nous étions tous juifs. »



